Comme tous les débuts d’année, agridigitale.net a identifié quelques acteurs clés de la chaîne de valeur agricole, qui ont exprimé leurs vœux.
‘La situation est très délicate et le monde agricole ne sait plus à quel saint se vouer. Ce que nous traversons actuellement n’est pas facile. C’est très difficile et compliqué. Le coût des intérêts sur les crédits est insupportable.
Les crédits obtenus auprès des microfinances tournent entre 12 et 14% et c’est très affligeant pour l’agriculteur.
Notre souhait cette année est que l’Etat puisse peser de tout son poids pour corriger cette situation et amener ces institutions à donner les crédits au monde agricole à un taux supportable.
Le coût du crédit est onéreux et il faut revoir cela. C’est l’un des principaux facteurs qui entrainent au suicide ou à la fuite de certains agriculteurs vers d’autres pays voisins. Dans l’incapacité de payer, ils préfèrent prendre la fuite’. – Bayobda Massenam, agricultrice dans la région centrale
‘Dans les recherches de solutions aux problèmes qui minent le secteur de l’agriculture au Togo, il serait utile d’associer les premiers acteurs.
Ces derniers peuvent être impliqués dans les réunions stratégiques du ministère en charge pour apporter des approches de solutions pour l’amélioration des conditions de travail.
Ce que nous déplorons souvent, c’est que les solutions sont fabriquées et dictées depuis les bureaux à Lomé et ces recettes sont généralement en déphase avec la réalité du terrain.
Non seulement, nous n’avons pas la bonne écoute mais aussi, les solutions proposées sont des palliatives et ne permettent pas de régler durablement les problèmes. Les connaissances endogènes ne sont pas prises en compte.
La modernisation de l’agriculture passe par un meilleur couplage des savoir-faire endogènes et des résultats de la recherche, le tout se reposant sur une meilleure implication des producteurs’. – Edzeou Essossina, producteur de maïs sur 50 hectares à Tchamba
‘Les effets du changement climatique sur l’agriculture sont réels. Les Etats doivent prendre des mesures allant dans le sens de la vulgarisation des techniques d’irrigation pour ne plus vraiment dépendre de l’agriculture pluviale.
La pluviométrie a vraiment fait défaut lors de la dernière campagne agricole et des poches de sécheresse signalées partout.
Pour renverser la tendance cette nouvelle campagne qui s’annonce, il faudra que certaines mesures soient prises avec diligence.
Il s’agira de rendre disponible aux agriculteurs, les intrants agricoles, réduire les prix sur les engrais car les revenus du monde paysan cette année ont été fragilisés par la rareté des pluies et les effets de la pandémie du covid19.
Le gouvernement pourrait déployer un vaste programme d’aménagement des domaines de production agricole par la mise en place des systèmes de maîtrise d’eau.
L’agriculture togolaise ne peut plus dépendre de la pluie et il urge de repenser tout le modèle mis en œuvre jusqu’ici. Les producteurs sur de grandes surfaces pourraient être privilégiés dans le déploiement du dispositif d’irrigation’. – Valentin Konsana, président des semenciers du Togo.
‘La mécanisation de l’agriculture au Togo a été jusqu’ici un fiasco pour la simple raison que l’éducation ne prend en compte cet important volet.
Dans les différents lycées techniques du pays, l’enseignement sur la mécanisation agricole pour préparer la relève, n’est véritablement pas pris en compte.
Tout ce qui est enseigné dans ces écoles y compris dans certaines écoles agronomiques, c’est de la pure théorie et difficile pour les étudiants d’appliquer sur le terrain, les enseignements reçus.
Pour rectifier le tir, il faut ouvrir des centres de formation sur la mécanisation agricole et sur la gestion des intrants agricoles.
C’est l’une des conditions sine qua none pour aller vers la modernisation de l’agriculture togolaise.
Aussi, avec la pandémie du covid19, la question de la main d’œuvre agricole s’est posée avec acuité et il urge de rechercher des solutions idoines pour le futur.
L’idée aujourd’hui est de mettre sur pied des parcs à équipements dans les régions pour que les paysans au besoin, puissent avoir accès à la mécanisation à moindre coût’ – Gnizim Atossou Amou, directeur de société de service agricole.
‘Un nouveau souffle est donné depuis quelques mois aux Zones d’Aménagement Agricoles Planifiées (ZAAP). L’objectif du gouvernement est d’arrivé à rendre toutes les Zaap opérationnelles.
La mobilisation des jeunes agriculteurs autour de ces Zaap sont indispensables pour garantir leur réussite.
Le gouvernement à travers le Mécanisme incitatif de financement agricole fondé sur le partage de risques (Mifa S.A) pourrait davantage mieux organiser les jeunes autour des chaînes de valeur agricole. Il y va dans l’intérêt de la dynamique en cours pour faire des Zaap, des zones de production et de transformation agricole’ – Alphonse Pya-Abalo Amana, promoteur de la Chaîne des Producteurs Agricoles Kara.
‘Le forum national du paysan reste le cadre de rencontres et d’affirmation de tous les acteurs du monde agricole qui font le bilan et prennent des résolutions fermes pour l’avancement du secteur agricole au Togo.
Avec la crise sanitaire actuelle et son lot de mesures restrictives, le monde paysan est inquiet de la tenue ou non de ce 13ème rendez-vous.
Au-delà de ce forum, les pouvoirs publics peuvent toujours initier d’autres cadre de rencontres entre le ministère en charge de l’agriculture, les départements techniques et les acteurs du secteur pour faire le point sur certaines problématiques. Ce point d’échanges permettra de prendre acte des problèmes du secteur et d’en trouver très vite des solutions’- Marius Bagny, directeur d’une entreprise de prestation agricole.
Sani Songai, chef du laboratoire national d’analyse de semence clôture les vœux 2021 sur une note d’optimisme en invitant chaque acteur à bien jouer sa partition pour le développement de l’agriculture togolaise.
Source: https://agridigitale.net/

