En lançant en mars 2020 la campagne de commercialisation, les principaux acteurs projetaient l’achat de la noix à un prix planché bord champ à 325F/kg contre 150 à 200F/Kg sur le terrain.
A l’époque, les prix bord champ dégringolaient déjà. De 400F/Kg en 2018, les prix avaient déjà chuté à 250, 200 voir 150F/Kg en 2019 car des stocks étaient disponibles et les clients se faisaient désirer.
L’avènement de covid19 a maintenu la tendance baissière sur les marchés. Sur les 25.000 tonnes de noix de production nationale attendue pour la campagne, seulement 22.000 tonnes ont pu être obtenues.
« Au sein de plusieurs coopératives de producteurs, la situation est inquiétante et le découragement s’empare de beaucoup », note Koriko Adjemini, Président conseil d’administration de la fédération nationale des coopératives de producteurs d’anacarde du Togo.
Face à la situation, les principaux acteurs de la filière compte rabattre autrement les cartes pour tirer leurs épingles du jeu.
« Les perspectives pour 2021 s’annoncent prometteuses. Nous prenons déjà nos dispositions pour une production en qualité et en quantité suffisante. Nous comptons également faire des ventes groupées, ce qui nous sera beaucoup plus bénéfique, » fait savoir M. Adjemini à agridigitale.net.
Trois grandes résolutions ont été notamment prises lors d’une récente réunion stratégique avec les différentes coopératives.
Il s’agit de la redynamisation des coopératives à la base pour qu’elles soient plus proactive ; organiser et réussir les ventes groupées sur le plan national avec la quantité et la qualité des noix suffisantes ; travailler de concert avec les partenaires pour permettre aux membres à la base de profiter des opportunités qui s’offrent sur le plan national afin d’augmenter la production.
Les acteurs de la filière mettent le cap sur une augmentation de la production qui doit passer de 25 mille tonnes à 30 mille tonnes d’ici 2022.
Les discussions ont été aussi menées autour du plan stratégique de développement de la filière anacarde qui doit permettre à la fédération d’identifier les anciennes plantations qui sont laissées pour compte et de les réhabiliter.
« Avec ce plan stratégique, nous comptons importer des matériels végétaux améliorés, faire des formations sur l’usage des plants greffés afin de connaître la rentabilité de nos champs qui doivent passer de 0,6 tonnes à 4 tonnes à l’hectare d’ici 2028. Avec la méthode de greffage et de sur-greffage, nous avons aujourd’hui des clones très performantes au Togo qui peuvent nous permettre d’atteindre ce rendement, » a détaillé le président.
Du côté des pépiniéristes d’anacarde, les acteurs veulent garder bon espoir de voir la filière reprendre de plus belle.
« J’ai personnellement des pépinières jusqu’à 7 millions F.CFA qui n’ont pas été enlevés. C’est une très grande tristesse avec tout ce qui s’est passé. On espère que la situation avec le Covid19 va s’améliorer pour permettre à chacun de rentrer dans ses activités, » plaide kpeziwouezu Alassane, président des pépiniéristes d’anacarde du Togo.
Source : https://agridigitale.net

